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de ce qui reste : 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - [2014]



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Projet sôan : en cours !

 

 

140831 - Projet sôan

Le projet de construction d'une cabane à thé rustique d'inspiration japonaise
( sôan - 草庵 ) avance doucement.

Après un décaissage du terrain (20m3 environ de sable déplacé à force d'huile de coude) pour réduire en partie le fort dénivelé, un premier essai d'assemblage des premières pièces de la structure de la façade a été effectué pour vérifier le niveau, et le bon emboîtement des pièces. Chaque poteau de la structure repose sur une petite base bétonnée (pour éviter le contact direct avec le sol et pour stabiliser l'ensemble puisque le terrain est sablonneux). L'architecture nippone traditionnelle ne comporte pas de fondations, les maisons sont littéralement posées sur le sol (en fait sur des pierres pour être précis). Bien que ce projet ne puisse être comparé à ce qui peut être réalisé au Japon, j'essaie d'y intégrer le plus possible un "esprit nippon" en utilisant les moyens qui sont à ma disposition.

Parallèlement à celà, le tokonoma - 床の間 a reçu sa planche définitive en cèdre rouge (pré-positionnage). Pour plus de détails photographiques, merci de visiter cette page.

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Christian Desbois photographié par Nicolas Guérin

 

 

140622 - A la mémoire de Chrisitian Desbois (1952-2010)

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Projet de construction de chashitsu

 

 

140615 - Projet sôan

Les plans de mon projet de sôan (pièce de thé wabi) sont terminés (certaines choses évolueront encore certainement). J'ai ainsi pu établir une première liste des différents matériaux qui allaient être nécessaires à l'ouvrage. Une première liste, car pour le moment, je me suis focalisé sur la structure, dans un second temps, il me faudra compléter le projet d'un point de vue finitions.

Quelques mots sur ce nouveau sôan . J'ai déjà évoqué précédemment ma volonté de réduire à l'essentiel les choses (tant pour le roji que pour le chashitsu lui même). L'espace sera donc organisé de la sorte : un tatami pour les invités et un daimedatami (台目畳, tatami "standard" amputé d'un quart de sa longueur) pour l'hôte séparés par une planche centrale (nakaita) dans laquelle sera encastré le ro (foyer enterré). Cette disposition évoque le classique nijodaime (二畳台目) qui comporte 2 tatami pour les invités + 1 daime. En ôtant un des 2 tatami, j'ai bouleversé la structure habituelle d'un tel chashitsu et il m'a fallu trouver des solutions aux problèmes engendrés par mon choix (j'aurai l'occasion de revenir sur ces points au fur et à mesure que le projet se mettra en place). Mais ce choix, je l'assume et le revendique même !

Comme à Soustons, je vais faire en sorte de construire ce sôan en me rapprochant le plus possible des méthodes traditionnelles nipponnes, mais avec les moyens du bord. Car bien entendu la chose n'est que pure folie ! En premier lieu parce que je ne suis ni architecte, ni menuisier, ni charpentier, etc. et en second lieu, parce qu'il m'est impossible de disposer des matériaux employés au Japon pour ce type de construction que l'on appelle sukiya. L'essentiel du bois utilisé pour la structure sera composé de poteaux carrés 7x7 traités autoclave auxquels viendront se rajouter certains troncs de cyprès que j'ai coupés l'année dernière sur mon terrain. Voila pour la théorie, en pratique, les choses ont déjà commencé. En attendant de vous en dire davantage sur ces pages, je vous invite, cher lecteur, à consulter ces quelques photos sur le travail des premières pièces qui composeront le tokonoma ( 床の間 alcôve d'honneur), le point architectural le plus important au sein d'un chashitsu.


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Shokudai - 燭台
Shokudai - 燭台

 

 

140529 - Shokudai - 燭台

Dans mon projet de sôan, il n'y aura pas d'arrivée électrique. L'éclairage se fera donc à la bougie. Les rôshoku ( 蝋燭 - bougies japonaises traditionnelles) sont réalisées à base d'une matière végétale ( , d'où leur nom, le terme générique "shoku" désignant une bougie) enroulée autour d'une mèche en joncs séchés ou en papier. La particularité des rôshoku est que contrairement aux bougies en cire ou en paraffine, ils ne coulent pas en brûlant (la matière végétale s'évapore).

De manière générale, disons qu'il existe deux manières d'éclairer l'intérieur d'un chashitsu dans le cadre de chanoyu : les rôshoku et les tomoshibi (燈火 - lampes à huile). Ces derniers comportant plusieurs mèches (tôshin 灯心) apportent une luminosité plus importante que les rôshoku et serviront d'éclairage "d'ambiance" (la lampe reposant sur un support vertical, la flamme est placée plus haute et diffuse donc plus largement sa lumière). L' appoint lumineux est apporté par un ou plusieurs autres shokudai (燭台 - bougeoirs) pour éclairer des "endroits" stratégiques" comme l'espace situé devant le teishu (c'est à dire, là où il prépare le ou les bols de thé), près du ro ( - le foyer enterré), etc.

Pour un yobanashi (夜咄 - rencontre de thé nocturne) dans un chashitsu de style sukiya (comme un sôan) et selon les préférences des écoles de thé, on utilise généralement un tomoshibi (de type tankei ou chikukei) et un ou plusieurs shokudai (de type kotomoshi/kotoboshi ou encore teshoku , bougeoir fait en métal muni d'une poignée, le kanji "" voulant dire "main"). Chez Sohen ryu Shodenan (宗偏流正伝庵), des versions plus wabi de ces objets sont préférées pour éclairer ces petites pièces dites "rustiques". J'apprécie beaucoup cette approche, car cela permet à tout un chacun de fabriquer ses propres shokudai de la plus simple des manières qui soit, tout en offrant la possibilité d'exprimer sa créativité.

J'ai réalisé ce shokudai (inspiré par celui mon sensei, Gilles Sôki Maucout) à partir d'une simple pièce de bois flotté (ramassée sur la plage) dans laquelle est inséré un pôle de bambou incliné. Sur ce dernier est fixé une petite plateforme en bois sculpté munie en son centre d'une pointe de baguette (ohashi, comme celles qui servent à manger !) sur laquelle on peut "planter" un rôshoku qui sera ainsi maintenu fermement en place (la base des rôshoku est creuse, comme celles des bougies allant sur des chandeliers).

Prochaine étape (dans mon interminable liste de "choses à faire") : la fabrication d'un tomoshibi "rustique", toujours dans le style Sohen ryu Shodenan.


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Yotsumegaki
Yotsumegaki Tokyo

 

 

140518 - A la recherche de...

Mise en place de petites yotsumegaki (四つ目垣). Ces barrières ont pour fonction de délimiter sotoroji et uchiroji, de matérialiser cette limite symbolique entre le monde "extérieur" et celui du thé. Voilà pourquoi je les ai conçues de la manière la plus simple et sobre qui soit : la suggestion m'a toujours semblé plus intéressante que la démonstration. Cette approche m'apparaît du moins primordiale en matière de chanoyu.

Ainsi, ces yotsumegaki sont très basses (60cm de haut environ) et les tateko (竪子 bambous verticaux) qui les composent sont assez espacés de manière à rendre l'ensemble le plus "transparent" possible. Deux barrières ont été mises en place de part et d'autre du roji. Il serait donc très aisé de les contourner ou de les enjamber : à nouveau, leur fonction est avant tout symbolique, il ne s'agit pas de cloisonner complètement un espace et de donner à l'ensemble des allures de parc à bestiaux… quoique, les yotsumegaki peuvent aussi être employés de la sorte : on en trouve de nombreux exemples au Japon. Mais l'on notera cependant que dans ces cas de figure, cette fonction de cloisonnement est généralement associée à de grands espaces qui n'ont pas grand chose à voir avec l'atmosphère intimiste d'un roji et n'en partagent donc pas la symbolique (voir seconde photo. Parc Impérial à Tôkyo).

La faible hauteur des barrières a aussi été dictée par le peu de distance qui séparera le futur machiai de l'entrée du chashitsu (à peine 4m). Bien que disposant de plus d'espace qu' à Soustons, j'ai paradoxalement (mais volontairement) réduit la superficie du roji. Cette démarche de réduction (à l'essentiel ?) s'appliquera d'ailleurs également à mon projet de sôan, je vous en reparlerai, cher lecteur, très bientôt.

Bon à savoir : je me suis référé à l'excellent ouvrage de Isao Yoshikawa (voir aussi la présentation vidéo dans la fujithèque) pour la réalisation de ces yotsumegaki et me suis procuré la cordelette noire auprès de Niwashi (service rapide et de qualité !).


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Fuji san

 

 

140508 - Instantanés du Japon

 

à consulter… (ou pas)
https://www.flickr.com/photos/55452649@N05/sets/72157644405464953/




 


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Fujijardins II - tsukubai
Fujijardins II - roji


 

 

140427 - A la recherche de...

 

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Le premier shôbu

 




 

 

140406 - Le premier 菖蒲

 

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chadôgu (茶道具) >Chasen (茶筅)

chadôgu (茶道具) >Chasen (茶筅)


 

140330 - chadôgu (茶道具) > Chasen (茶筅)

Que cela soit dans le cadre strict de chanoyu ou le simple (mais tout aussi honorable) plaisir de préparer un matcha (pour soi ou autrui) dans un cadre informel, s'il est bien un ustensile aussi incontournable qu'irremplaçable, c'est bien le chasen. Ce fouet en bambou est entièrement réalisé à la main. Impossible d'usiner cet outil dont les délicates "pales" requièrent toute la dextérité et la délicatesse d'une main experte. La ville de Takayama (au nord de Nara) reste aujourd'hui le plus célèbre lieu de production de chasen de l'archipel et ses chasen sont réputés pour être les meilleurs.

Il semble évident que le processus de fabrication d'un chasen demande beaucoup de dextérité et de minutie. Tout commence à partir d'un tronçon de bambou qui aura séché pendant au moins 3 ans. La partie au dessus du noeud est fendue en 16 parties égales (chaque "brin" mesurant alors approximativement 5mm de largeur). Puis la partie interne de chacun des 16 brins est ôtée de manière à ne garder que la surface extérieure avec une épaisseur d'1mm seulement. De nouveau, chaque partie est divisée en 10, alternant des brins de 0,6 et 0,4mm ! Les brins les plus gros (plus solides) seront repoussés vers l'extérieur, tandis que les plus fins formeront le "bouquet" central du chasen. L'ensemble des brins est ensuite plongé dans l'eau (pour les attendrir) et à nouveau affiné sur leur partie supérieure et interne afin que "leur épaisseur ne soit guère plus importante qu'un cheveu". A ce niveau, c'est l'expérience de l'artisan qui prime : il travaille plus à l'instinct qu'à vue. Viendra ensuite l' étape où une fine cordelette de coton (généralement de couleur noire, mais au fil des temps, des modes et des iemoto, d'autres couleurs sont venues se rajouter comme le blanc, le rouge ou encore le vert) sera passée 3 fois de suite alternativement de l'avant vers l'arrière entre chaque brin (de manière à bien séparer les brins extérieurs de ceux de l'intérieur). Cette technique permet ainsi aux brins d'être régulièrement espacés et placés de façon optimale afin d'éviter que des "grumeaux" de matcha ne viennent s'y former ou s'y coller.

Enfin, le chasen sera mis en forme. Ici encore, on notera qu'il existe de nombreuses variantes en matière de forme, selon les préférences des différentes écoles ou d'utilisation particulière. Chez Sohen ryu Shodenan (宗偏流正伝庵) , la préférence va au type kazuho réalisé à partir de susudake*.

Autant dire qu'il faut une sacrée dose de patience et qu'il ne sera pas donné à tout le monde de fabriquer son propre chasen. D'ailleurs, les artisans capables de réaliser ce travail ont toujours été fortement considérés. Preuve en est le statut social spécial que le shogunat des Tokugawa leur avait accordé vers le début de l'époque Edo. 13 familles jouissaient alors du privilège de n'appartenir à aucune des 4 catégories (samurai / paysans / artisan et marchands) qui classifiaient l'ensemble des sujets de l'empire. Leur place au sein de la société était à part, bien que certains furent également élevés au rang de samurai (et étaient donc autorisés à porter le daisho 大小, la paire de sabres emblématique de cette classe).

Bien entendu, le procédé de fabrication sus-mentionné ne concerne que les chasen de 80 brins (on ne compte que les brins extérieurs pour la dénomination. Un "80 brins" en comporte donc en fait le double). Typiquement, un "80 brins" est employé pour la préparation de usucha (le grand nombre de brins facilitant le mélange du matcha à l'eau, tout en apportant de l'air pour la constitution d'une mousse plus ou moins importante selon les préceptes de telle ou telle autre école). Pour la préparation de okoicha, un "64 brins" est le standard (moins nombreux, les brins plus épais, résisteront mieux au mélange de l'épais breuvage). Mais il existe de nombreuses autres déclinaisons de chasen dont le nombre total de brins peut varier de 72 à 240 !!!

Vous l'aurez compris, malgré son apparente banalité, le chasen est un objet important pour tout chajin qui se respecte. Jusqu'au moins l'époque de Sen no Rikyû (1522–1591), cet ustensile n'était utilisé qu'une seule fois**. Aujourd'hui on veillera à le garder toujours propre (en le lavant soigneusement après usage et en le faisant sécher sur un chasen-naoshi pour qu'il garde sa forme) et l'on pourra l'utiliser tant que tous ses brins resteront intacts (du moins dans le cadre de chanoyu). Lorsqu'un chasen ne pourra plus "rendre son office", la tradition veut qu'il soit rendu à la terre ou brûlé (il existe au Japon une cérémonie religieuse dédiée à l'incinération des "vieux" chasen). Au sein de Sohen ryu Shodenan nous avons aussi une manière toute singulière de les recycler, mais ceci est une autre histoire.

Quoi qu'il en soit, le chasen mérite tout notre respect lorsque nous l'utilisons. La prochaine fois que vous aurez, cher lecteur, l'occasion de voir ou d'utiliser un chasen, essayez de repenser aux efforts nécessaires à sa réalisation. Alors peut être porterez-vous un autre regard sur ce "simple" objet qui, bien que ne suscitant guère d'intérêt comparé aux autres objets de thé, reste irremplaçable et totalement indispensable.

 

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* bambous généralement anciens ayant servis à la construction de l'armature de toitures de maisons paysannes : le foyer -irori- de ce genre de maison est situé au coeur de la pièce principale. La fumée ne s'échappe pas par un conduit, mais s'élève directement vers le toit, à l'intérieur de la maison. Ce qui provoque un double effet : cela traite le chaume de la toiture contre les insectes tout en le rendant plus imperméable et cela finit par donner une teinte "ambrée" aux pièces de bambou de l'ossature de la toiture.

** à cette époque, tous les instruments servant à la préparation du thé devaient être dans un état irréprochable . Le chasen était l'un des ustensiles devant être totalement neuf (pour être considéré comme totalement "pur") avant chaque utilisation.



 


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Les premiers sakuraTaille (HxØ) : 25 x 12cm environ


 

 

140323 - Takenohanaire 竹の花入

Non loin de chez moi se trouve une petite bambouseraie sauvage que j'appelle, non sans humour, "kosagano" ( "Petit Sagano", en référence à la très touristique forêt de bambous située à Arashiyama à Kyôto). Bref, m'y promenant régulièrement, j'y avais repéré 2 "moignons" de chaume de bambou qui avaient déjà été coupés et que je me suis décidé après réflexion à prélever, certain qu'ils pourraient faire de sympathiques hanaire ("Vase". "takenohanaire" voulant dire : "vase en bambou").

A l'aide d'une scie à dents fines et d'un outil spécial (une courte et épaisse lame en acier aussi tranchante qu'un katana, enfoncée dans un morceau de bambou faisant office de manche) récupéré auprès de Mihara Keiji sensei lors du Shikoku Chanoyu Tour en 2011, j'ai créé une ouverture (ichijūgiri, 一重切) dans chacune des pièces de bambou.

Le hanaire de gauche, étant très abîmé et fendu (mais c'est ce qui fait tout son charme ! La texture de sa surface est d'une beauté exceptionnellement "wabisabienne". Je l'a-do-re !), j'ai placé de grosses "agrafes" faites-maison afin de solidariser et stabiliser les 2 bords. On peut souvent voir ce genre de technique de "réparation" sur des objets en bambou très anciens, mais aussi sur des céramiques (les agrafes sont traditionnellement réalisées à partir de métaux précieux comme l'argent ou l'or). Cela donne à l'ensemble un côté très "furui"(古, ancien). Le type d'ouverture est appelée "usokiri"(鶯切 son nom fait référence à l'entrée d'un nid de rossignol) et peut être réalisée facilement à l'aide d'une simple scie.

Le hanaire de droite est pourvu d'une ouverture volontairement basse appelée sairaigiri (再来切). Ce genre de découpe est sans doute la plus répandue sur les takenohanaire.

Dans les 2 cas, l'étanchéité de ces "vieilles pièces de bambou fendues" n'étant plus assurée, il suffira d'y glisser à l'intérieur une autre pièce en bambou vert de diamètre inférieur dans laquelle on pourra y verser l'eau et placer les fleurs. Il faudra toutefois veiller à ce que cette seconde pièce ne soit pas visible une fois en place.


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Les premiers sakura




 

 

 

140320 - Les premiers

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Jizaikagi - épisode III




 

140319 - Le retour du jizai - (épisode III)

Troisième et dernière pièce d'un jizaikagi. Il s'agit d'un simple morceau de bois percé d'un trou à une extrémité et par lequel le jizai passe. C'est cette pièce appelée saru ou kozaru 小猿 (litt."singe" ou "petit-singe") qui par son inclinaison va venir bloquer le jizai l'empêchant ainsi de glisser sous le poids du chagama. L'analogie faite au petit primate vient sans doute du fait que le kozaru est "suspendu" au kan par une cordelette (sarunawa 猿縄), tel un petit singe suspendu à une branche par la queue. Système d'une simplicité, d'une ingéniosité et d'une poésie toute nippone !

Une fois le dispositif suspendu au dessus du ro, on y accrochera à l'aide d'un tsuru , les 2 kan (, attention, ici on parle des anneaux, pas du kan du jizaikagi) supportant le chagama. En faisant varier la hauteur de suspension du chagama, on agira sur la température de l'eau qu'il contient.

L'utilisation d'un jizaikagi, de par son allusion "rurale" et "paupériste", est cantonnée exclusivement aux sukiya. Dans les salles plus "nobles"/grandes l'emploi d'une chaîne (kusari ) est généralement préféré. Mais au delà de ce clivage presque stéréotypé, je suis profondément attaché à l'utilisation d'un jizaikagi pour mon projet de sôan. Je souhaite véritablement créer une atmosphère "simpliste et chaleureuse" à l'intérieur, une atmosphère propice à la rencontre, l'échange, au partage et au respect, même si ce sôan sera par la force des choses avant tout un ermitage.

Lorsque j'ai déménagé, j'ai emporté avec moi 2 choses de Chisôan, l'une d'elle était le ro. Ainsi, telle une transplantation cardiaque, ce ro viendra animer (au sens littéral du term) l'intérieur de ma prochaine cabane à thé. Une manière de poursuivre ce qui a été entamé à Soustons depuis maintenant déjà 6 ans...

Il y a dans le jizaikagi quelque chose de profondément nippon, quelque chose de profondément ancré dans le wabi, quelque chose qui me touche et que je souhaite donc naturellement mettre en avant dans ce nouveau projet.
Un ro, un jizaikagi… ne me reste plus qu'à construire une nouvelle cabane à thé autour !


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Les premiers ume




 

 

140312 - Les premiers

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Wagashi maison !




 

 

140309 - wagashi pas gâché (le retour) !

Nouvelle tentative de confection de namagashi (生菓子).
La qualité gustative de mon shiroan demande encore a être améliorée. L'intérieur (ankô) me semble quant à lui tout à fait honorable. Tout comme l'esthétique de cet autre modèle de tsubaki (camélia) me satisfait davantage que mon premier essai (voir plus bas, billet 140212)...

J'ai hâte d'avancer dans la saison (la confection de namagashi est intrinsèquement liée au cours du temps ) pour réaliser de nouveaux essais !

Je dédie la photo ci-contre à Yoan (en attendant une dégustation prochaine ensemble).



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Jizaikagi - épisode II




 

140302 - Le retour du jizai - (épisode II)

La seconde pièce composant un jizaikagi est appelée kan ou encore shichû (支柱), il s'agit d'un simple pôle de bambou d'un diamètre d'environ 40mm. A ma connaissance, il n' existe pas véritablement de norme ou de standard pour la largeur, ni même pour la longueur : celle-ci devant être déterminée en fonction de la hauteur du plafond situé au-dessus du ro (foyer enterré). Ceci étant, dans le cadre d'une utilisation au sein d'un sukiya*, on fera en sorte de sélectionner un kan possédant idéalement 7 noeuds (bien que 5 soit acceptable également). Les cloisons des noeuds 1 à 4 sont enlevées de manière à ce que le jizai puisse glisser à l'intérieur du kan. C'est ce mouvement qui permettra par la suite d'ajuster la hauteur du chagama au dessus du foyer. Le chagama est donc suspendu (d'où la dénomination tsurigama, 釣釜 litt: "kama suspendu") et ne repose donc pas sur un gotoku** .

La cloison du 7e noeud est également ôtée de manière à pouvoir passer une corde de part et d'autre du pôle de bambou pour former un anneau qui servira à suspendre le tout au plafond. Pour être plus précis, cet anneau (kakeo, 掛緒 - sera accroché à un crochet métallique fixé au plafond, appelé hirukugi ,ひる釘 ).

Pour la troisième et dernière pièce, un simple petit morceau de bois sera nécessaire.

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*数寄屋, une des dénominations utilisées pour désigner les chashitsu de type wabi. A mettre en opposition au terme zashiki 数奇屋 qui fait référence aux larges pièces de type shoin 書院, le style "noble".

** support métallique à 3 pieds. voir billet n°120911 pour plus de détails.



 


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Exposition parisienne en mars de Laetita Pineda !




 

 

140225 - Exposition Laetita Pineda à Paris

 

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer ici (voir billet 131116) mon admiration pour le travail de Laetita Pineda et Emmanuel Alexia. Aussi, cher lecteur, si vous avez l'occasion d'être à Paris entre les 14 mars et 12 avril prochains, je vous invite chaleureusement à faire un tour à la galerie Clara Scremini pour découvrir les dernières réalisations de Laetitia (dont l'une d'entre elles illustre ci-contre ce billet).

Bonne Expo !

 

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Urushi, la laque japonaise




 

 

140223 - Urushi (laque japonaise)

Pour faire suite au billet 140105 au sujet des usuki 薄器, voici 2 vidéos montrant le long et fastidieux travail nécessaire au laquage d'un conteneur à thé. La première vidéo concerne l'application des nombreuses épaisseurs de laque, entre-coupée de longs séchages* et ponçages.

La seconde met en lumière une technique décorative appelée maki-e (蒔絵), qui consiste à saupoudrer sur un dessin réalisé en laque fraîche, des paillettes d'or ou d'autres métaux précieux. Cette technique est très couramment utilisée pour la décoration des usuki. Des pigments encore plus fins peuvent être également mélangés à la laque pour lui donner un aspect doré ou coloré. En superposant plusieurs couches, on obtient des effets de sur-épaisseur du plus bel effet.



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* la laque japonaise ne sèche pas à proprement parler. Il s'agit en fait d'une réaction chimique (polymérisation) qui entraîne son durcissement en présence d'humidité. Voilà pourquoi l'on peut voir dans le film, l'artisan "humidifier" le coffre dans lequel les objets à "sécher" sont entreposés, à l'abri de toute poussière. Voilà pourquoi aussi, le travail de la laque se faisait traditionnellement pendant la saison des pluies (梅雨 tsuyu).


 


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Wagashi : shinsazanka




 

 

140212 - wagashi pas gâché !

Cela fait bien longtemps (bien avant mon passage au sein de la cuisine du Sanyudô à Takamatsu) que je m'essaie, en vain, à la réalisation de shiroan (pâte de haricots blancs sucrée utilisée pour la confection de wagashi). Mais je suis enfin parvenu il y a peu à un résultat honorable et mon shiroan maison n'a (pour une fois) pas fini au fond de la poubelle !

Le modelage de ce shinsazanka (litt. "premier camélia sazanka") est encore hésitant et la texture du shiroan encore perfectible, mais le goût est bien là !
L'intérieur est fourré de koshian (pâte de haricots rouges sucrée, recette ici).

Ce "frenchgashi" vient compléter mes petites expériences culinaires nippones et je vais tâcher de continuer à améliorer ma technique pour pouvoir un jour offrir autour d'un bol de thé un namagasahi fait-maison digne de ce nom.

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Roji, un jardin de thé en construction...




 

 

140210 - A la recherche de...

L'hiver n'est toujours pas arrivé ici : c'est comme si un automne sans fin s'était installé, comme semble d'ailleurs me le rappeler toutes ces feuilles mortes qui recouvrent le jardin et que je n'ai pas encore eu le temps de ramasser.

Le jardin n'est donc pas des plus rutilants en ce moment... J'ai tout de même commencé à tracer les allées
de ce qui deviendra peut être dans quelques années un semblant de roji (je l'espère en tout cas). En décaissant les allées, j'ai mis à nu de "grosses" racines (voir photo ci-contre). Celles-ci pourront aider à donner un aspect "ancien" au roji si j'arrive à bien les intégrer et à les mettre en valeur dans le dessin des allées. Pour le moment, je ne sais pas encore comment je les recouvrirai. L'idéal serait de le faire avec des pierres, mais j'ai épuisé mon stock pour réaliser l'axe principal (celui qui conduira du machiai au sôan). Je laisse donc pour le moment les choses en l'état.

J'ai encore une fois déplacé les piquets qui marquent l'emplacement d'une future barrière basse en bambou (qui délimitera soto et uchi-roji). Je pense enfin avoir trouvé le bon équilibre. J'attaquerai sa réalisation au printemps.

Enfin, de
premières plaques de mousses ont été installées depuis plusieurs semaines. Elles semblent bien s'acclimater et ne pas trop subir les assauts des merles du voisinage...

 

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Jizaikagi - épisode I




 

 

140209 - Le retour du jizai - (épisode I)

Il y a dans le jizaikagi 自在鈎 quelque chose de profondément nippon.
Cet ustensile servait autrefois à suspendre nabe et autres kama (pots et bouilloires utilisés pour la cuisine) au dessus du irori (囲炉裏 le foyer central que l'on trouvait dans les minka 民家, demeures "humbles" des campagnes).
Le jizaikagi symbolise donc cette vie rurale faite de labeur d'un Japon remontant à l'ère Muromachi, symbolise ces moments où l'on se réunissait autour de la chaleur bienfaisante du foyer pour partager un repas réconfortant et réparateur. Parce qu'il est très simple à concevoir et ne nécessite que des matériaux pouvant être facilement trouvés dans la nature, le jizaikagi était utilisé par les plus pauvres. C'est sans doute tout cet ensemble de choses qui poussa les adeptes du wabicha
* à intégrer cet ustensile au sein de leur sukiya (数寄屋, une des dénominations utilisées pour désigner les chashitsu de type wabi. A mettre en opposition au terme zashiki 数奇屋 qui fait référence aux larges pièces de type shoin 書院, le style "noble"), ainsi qu'une version réduite du irori (le ro, le foyer enterré).

Un jizaikagi est constitué de 3 pièces.

La première (illustrée sur la photo ci-contre) est appelée jizai 自在 (litt. "crochet libre", du fait que cette pièce reste mobile au sein de l'ingénieux système formé par l'ensemble des 3 éléments), on trouve aussi la dénomination kuminoki (与の木). En abattant cet automne des cyprès "gênants" dans mon jardin, outre les troncs que j'ai gardés (et qui peut être me serviront pour mon sôan), j'ai aussi sélectionné quelques branches dont l'une m'a servi à réaliser ce jizai. Le kagi, (, le "crochet") à son extrémité est réalisé à partir de la branche qui a été coupée au-dessus et en dessous du départ d'une autre branche latérale. Après avoir ôté l'écorce, j'ai humidifié le tout pendant plusieurs jours et l'ai introduit dans un tube en aluminium creux placé près d'une source de chaleur, ceci afin de redresser et rendre la branche la plus droite possible.
En guise de finition : un simple ponçage.

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* Takeno Jôô 武野紹鴎 (1502-55), considéré comme le père du wabicha,, aurait été le premier à utiliser un jizaikagi au sein d'une pièce de thé.

 


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Construction d'un chashitsu




 

 

140202 - Pendant ce temps...


Pendant ce temps les plans de mon projet de sôan avancent...
Ici une photo d'une pré-maquette de l'intérieur qui sera... très intimiste.

J'aurai l'occasion de revenir en détail sur ce projet très bientôt.



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Wagashi : Yatsuhashi
Kashibon par Laetita Pineda




 

 

140125 - Wagashi > Yatsuhashi "fait-maison"


Si vous visitez Kyôto, impossible de manquer ces petits délices.
Le yatsuhashi (八橋) est l'une des spécialités de la ville. Le nom viendrait du celui de son créateur qui était maître de koto (la forme triangulaire est d'ailleurs censée évoquer l'instrument).

La recette de ce wagashi (et bien d'autres) est disponible ici.

Le yatsuhashi peut faire office de namagashi (生菓子) pour le service de okoicha.



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Chadôgu - Natsume

 

Chadôgu - Usuki






 

 

140105 - chadôgu (茶道具) > natsume (棗 ).

Le natsume (棗) est un type de contenant à thé (薄器 - usuki, ou 薄茶器 - usuchaki, ou encore 茶器 - chaki) souvent réalisé en bois et employé de nos jours pour contenir le matcha réservé à la préparation de usucha (litt. "thé léger").

Il ne faut pas perdre de vue que jusqu'au début du XVIIe siècle, il n' y avait qu'une seule manière de préparer le thé, celle qui correspond à ce que nous appelons aujourd'hui "koicha", le thé épais. Ce n'est qu'à partir de l'époque Edo que la préparation de usucha se systématisa pour devenir partie intégrante d'un chakai (réunion de thé). Avant cette date, le thé restant après le service de koicha pouvait, soit être offert à l'un ou la totalité des invités (à ce moment là, on le transvasait du "noble et précieux" chaire vers un ou plusieurs "banaux et peu coûteux" usuki - les artisanats nippons du bois et de la laque étaient au XVIe siècle beaucoup plus développés que celui de la céramique), soit être mélangé à de l'eau sans protocole aucun, dans un espace autre que le chashitsu. Rappelons que le thé, denrée précieuse et onéreuse, était moulu au dernier moment afin d'obtenir la meilleure qualité possible. Le thé une fois moulu s'altérant très rapidement, il n'était plus considéré comme "honorable" et ne pouvait donc plus être servi dans les règles de l'Art.

Murata Shuko ( 村田珠光 - 1423–1502 ), considéré comme le père du wabicha (thé "simple", à opposer au thé ostentatoire et dispendieux des nobles et de la cour) serait le premier à avoir utilisé un usuki en lieu et place d'un chaire pour préparer koicha. Plus intéressant encore, il aurait également été le premier à préparer lui-même le thé pour et en présence de ses invités (rappelons qu'au début de l'histoire de chanoyu, le thé était préparé hors de vue des invités dans une salle annexe, par un ou des assistants de l'hôte).

Comme nous l'avons vu précédemment
(voir billet 130512) , les chaire importés du continent à grands frais, étaient de véritables trésors qui par définition ne pouvaient répondre à une demande grandissante de pratiquants et restaient de toute façon, hors de portée financière pour la quasi totalité d'entre eux. Pour palier à cela, Shuko commença donc à utiliser des usuki dont la forme était directement inspirée de celle des hikiya (voir seconde illustration ci-contre) protégeant les chaire. Parmi ceux-ci, le nakatsugi ( 中次, ainsi appelé du fait que sa jointure se trouve en son milieu) et le natsume (il tire son nom de sa forme évoquant le fruit de jujubier ou dattier chinois) sont probablement les plus représentatifs. Du fait de leur analogie aux "karamono", ces usuki commencèrent donc à être utilisés en lieu et place des premiers par les adeptes du wabicha.

Par la suite le développement de la céramique nippone permit de produire un nombre toujours de plus en plus important de "wamono" (copies japonaises d'objet du continent "kamarmono", dont les chaire) et l'on abandonna peu à peu l'utilisation des usuki lors de la préparation de koicha.




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Shiro Tsubaki

 








 

 

140104 - Le premier 白椿

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