Trouver des bambous pour confectionner des takegaki se transforme trop souvent en une vraie quête du Graal. Je reçois régulièrement des emails à ce sujet et lorsque Jean-Luc, fidèle lecteur nordiste, m'a fait parvenir des photos de son jardin, je lui ai demandé s'il voyait un inconvénient à partager avec nous son expérience de confection de takegaki. Jean-Luc a en effet trouvé une moyen astucieux pour sa réalisation : il a employé des rouleaux de 2m40 de long sur 1m80 de haut conçus comme une grosse canisse dont le roseau aurait été remplacé par des chaumes de bambous de 2 à 3 cm de diamètre. Si vous habitez près de la Belgique, sachez que Jean-Luc a trouvé ces rouleaux dans un FLORALUX implanté à Dadizele.
Il a également eu la gentillesse de joindre aux photos ci-dessous un commentaire explicatif que je vous livre tel quel. Si comme lui, vous souhaitez partager une info, une adresse, une expérience relative aux jardins japonais (et d'inspiration japonaise), n'hésitez pas à me contacter, je me ferai une joie de la relayer.
Comme me l'a écrit Jean-Luc : "tout comme toi, je n'ai rien d'un pro du bricolage. il faut juste oser se lancer". J'espère que son témoignage vous donnera des idées, de l'inspiration et vous engagera à vous lancer dans vos propres réalisations si vous hésitez encore. A vos marteaux !

La structure brute : un assemblage de poteaux de pin traités autoclave fichés dans le sol grâce à des pointes galva de section 7cm et maintenus par des tasseaux de pin espacés entre eux de... je ne sais plus bien, mais j'ai respecté pour ce type de clôture d'1m80 de haut ce que donne le livre "Palissade en bambou". Une plinthe autoclave est fixée à la base pour avoir un appui sur lequel poser les futurs rouleaux de bambous. Ce niveau bas est surélevé pour ne pas être en contact avec le sol. L'usage d'équerres métalliques de charpentier pour les plus grosses et de chaises pour les plus petites simplifie ce "mécano".
Comme la distance entre chaque verticale est d'1m80, les tasseaux horizontaux se déforment par effet de flambage mécanique. Il faut donc les renforcer en montant sur l'arrière un tasseau vertical (la base de ce dernier reposant sur la plinthe autoclave).
Pour ce qui fera office de "toit de palissade", une planche en pin est fixée sur le dessus des poteaux, puis un tasseau est fixé-collé sur celle-ci pour permettre d'avoir la pente voulue. La structure achevée, une lasure de couleur chêne foncé est appliquée en deux couches.

Deux rouleaux sont posés et maintenus contre la structure en bois grâce à des chaumes de bambous fendus en deux et posés à l'horizontal. Chaque demi chaume est placé à même hauteur que les tasseaux horizontaux de la structure, et fixé dans un premier temps par des vis (avec le recul, je crois que j'aurai dû utiliser des clous pour être encore plus discret).
Sur la photo, le toit de la palissade est en cours. Comme je ne dispose pas de tuiles plates noires se rapprochant de celles que l'on peut voir au Japon, j'ai opté pour une simple planche de pin sur laquelle j'ai vissé-collé de petits tasseaux pour figurer ces éléments. Une lasure ébène passée en trois couches donne l'illusion.

Le takegaki achevé. Chaque demi chaume est définitivement fixé à son tasseau horizontal respectif grâce à l'utilisation de corde noire japonaise. Le toit de la palissade est terminé, 3 demis chaumes couvrent son faîtage afin de limiter l'infiltration de la pluie.
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