Adaptabilité :
Un jardin de type chaniwa conviendra à des espaces allant de quelques dizaines de mètres carré à plusieurs centaines. Plus l'espace sera grand, plus il faudra le cloisonner à l'aide de palissades (végétales, en pierre, en bois, en bambou, etc), afin de créer un sentiment d'intimité d'une part, et d'autre part, donner l'occasion de concevoir des "passages" à franchir. Les palissades aideront également à masquer certaines vues ou choses, et à orienter le visiteur, car n'oublions pas que le chaniwa ou roji, est avant tout un parcours. Même si vous ne disposez que de peu de place, faites en sorte de rendre ce cheminement le plus long possible : utilisez des tracés courbes plutôt que des lignes droites, jouez sur la disposition des tobiishi pour ralentir le pas, aménagez des pauses (machiai, tsukubai, ou pourquoi pas un simple banc), etc.
La végetation est en grande majorité de type persitante et à feuillage sombre, bien que l'on puisse trouver parfois des caducs. Les conifères sont également souvent présents. Leur grande taille permet d'apporter l'ombre nécessaire à la bonne santé des mousses qui recouvrent le sol et les branches forment une sorte de voûte végétale qui renforce le sentiment de confinement (ce rôle ne se prêtent pas uniquement aux conifères, mais à tous les grands sujets). Les fleurs sont rares, voir totalement absentes, seul le camélia occupe une place de choix dans un roji classique. Mais libre à vous de planter ce que bon vous semble, l'important est de se faire plaisir avant tout. L'agencement des éléments constitutifs devra se faire de manière "naturelle", en évitant par exemple de planter trop d'espèces différentes, surtout si la surface disponible est petite. De plus, cela vous permettra d'obtenir plus facilement une palette colorée homogène et donnera de l'unité au jardin, tout en apportant un sentiment de sérenité. Si vous plantez plusieurs sujets, privilégiez des groupes de nombre impair (Les chiffres 3,5,7 constituent une suite propitiatoire depuis longtemps au Japon). Mariez les végetaux selon leur taille, la couleur de leur feuillage, leur port, etc.
Simplicité, calme et rusticité, sont des mots clé : le monde du thé trouve ses racines dans le zen. Bien que le but final au Japon soit le chanoyû à l'intérieur d'un chashitsu, il n'est nullement besoin d'en être de même dans votre propre jardin, même si la notion de "partage dans l'instant ", reste une notion importante à intégrer pour qui voudra un jardin authentique.
Pour plus d'informations pratiques, nous vous conseillons de vous reporter aux ouvrages de M.P Keane ou de Erik Borja. |