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De l'eau, des pierres, de la mousse, et un camélia. Ces seuls éléments réussissent à composer un espace naturel à l'intérieur d'une surface minuscule.
(quartier de Gion, Kyôto).
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Caractéristiques (suite) :
Le terme machiya désigne les maisons/magasins des marchands de l'époque Edo (classe qui prit de l'importance d'un point de vue économique dès le XVe siècle). Le style omoteya 表屋造 se caractérise par une façade étroite donnant côté rue et une enfilade d'espaces sur 2 étages : plus on pénètre vers le fond de la demeure, plus on quitte l'espace public, pour le privé (kyoshitsubu 居室部). Ainsi le magasin (mise) se trouve logiquement côté rue, puis viennent les pièces de réception (zashiki 座敷) et d'habitation, séparées du magasin par une cour intérieure, géneralement aménagée en jardin (nakaniwa 中庭). Dans le fond de la parcelle, on trouve des remises (dozô 土蔵 ) servant à stocker les marchandises précieuses. Dans certains cas, ces remises sont précédées par un second jardin (géneralement plus grand que le premier) qui constitue véritablement l'attrait principal de la demeure, et qui est réalisé dans le but d'être vu depuis le zashiki (zashikiniwa 座敷庭).
Le goût de l'époque pour le monde du thé imprègne fortement les mentalités, ainsi tout homme cultivé se doit de connaître les principes de la cérémonie du thé (chanoyu 茶湯). Comme nous l'avons rapidement précisé, les marchands se sont enrichis et des fortunes se sont créées, parfois bien plus importantes que celles de certains seigneurs (daimyo 大名). C'est donc tout naturellement que les plus aisés d'entre eux, aient pu se faire élaborer des demeures avec des tsuboniwa évoquant le monde du thé ( se réferant aux principes esthétiques du wabi-sabi 侘寂 , voir chaniwa). On y retrouvera donc essentiellement les principaux éléments constitutifs du chaniwa, à savoir : tsukubai 蹲踞 (ensemble d'éléments comprenant un bassin à ablutions), ishidorô 石灯籠 (lampe en pierre), tobiishi 飛石, litt. "pierres volantes" (pas japonais), gravier, pierres, mousse, etc. mais avec une attention toute particulière apportée à l' esthétisme de l'ensemble. En effet, ne pouvant pas afficher ouvertement leur richesse (à cause des règles strictes qui régissent la vie de chaque classe à cette époque), c'est au plus profond des maisons que de véritables trésors se cachent: pierres de qualité exceptionnelle (on n'insistera jamais assez sur la relation importante que les japonais entretiennent avec le minéral. Certaines pierres peuvent encore aujourd'hui valoir de véritables fortunes), chuzubachi (vasque en pierre) et ishidôrô anciens ou ayant appartenu à des temples ou personnages célèbres, etc.
Bien entendu, le tsuboniwa ne se cantonne pas au monde des machiya, et l'on trouve dans les temples par exemple, des aménagements dans la pure tradition zen qui correspondent aux principes du paysage sec (voir karesansui). De même comme nous l'avons dit en introduction, on pourra trouver également au sein d'un tsuboniwa, toutes sorte de plantes "ornementales" comme la glycine, le camélia, l'azalée, mais aussi les érables japonais, les nandines, aucubas et autres arbustes à baies colorées, etc... Le jardin-cours, n'est donc pas "prisonnier" d'un style particulier, il s'adapte aux désirs et moyens de son propriétaire. < précédente | suivante >
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