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détail du jardin du Tora-no-kowatashi, au Nanzen-ji 南禅寺 , berceau de la branche zen rinzai. Ce jardin, appelé "Jardin du Tigre se désaltérant" à cause d'une pierre évoquant le félin, a été conçu par Kobori Enshu 小堀遠州 (1579-1647) au début de la période Edo.

 


Caractéristiques :
On trouve le terme karesansui 枯山水 dans le sakuteiki 作庭記 (premier traité connu sur l'Art du jardin au Japon écrit à la fin du XIe siècle). Il fait alors réference à des parties de jardin aménagées à l'aide de pierres où l 'absence d'eau est une caractéristique essentielle (d'où la traduction généralement accordée, de "paysage sec"). On utilise le terme zenki karesansui 前期枯山水 pour qualifier ces premiers karesansui des époques Heian (794-1185) et Kamakura (1185-1333). C'est cependant durant cette dernière, que le karesansui va véritablement se développer comme archétype à part entière pour atteindre son apogée pendant l'époque Muromachi (1334-1568) où il prendra la forme si caractéristique à nos yeux, à savoir : des aménagements de pierres organisés sur un lit de gravillons, de sable ou de mousse. Le terme karesansui fait donc historiquement réference aux périodes Muromachi, Momoyama (1568-1603) ainsi que Edo (1603-1868). Pendant cette dernière période, les karesansui vont évoluer à nouveau et s'étendre en terme de superficie. Ils seront très souvent englobés dans un jardin bien plus important encore, ne constituant plus des jardins indépendants comme à la période féodale. Enfin, le terme kôki karesansui 後期枯山水, a été créé par les historiens pour désigner les karesansui postérieurs à la période Edo.

Dans les lignes suivantes, nous nous intéresserons plus particulièrement aux karesansui des époques Muromachi, que l'on peut qualifier de "religieux" et qui constituent vraiment l'essence de cet archétype, avant qu'il n'évolue et ne se "banalise" durant les périodes suivantes. Communement appelé "jardin zen", c'est en effet dans les monastères de cette école bouddhique qu' apparaît et se développe cet archétype. Le zen (mot venant du sanscrit "dhyan" dont la signification est "méditation") est introduit au Japon pendant l'époque Kamakura durant la seconde vague d'influence chinoise. Rapidement, ce nouvel enseignement atteind d'autres strates de la société nippone, en particulier les bushi, la classe des guerriers qui a pris véritablement le pouvoir à cette époque (voir historique). Le Japon vit en effet une période trouble : des guerres ravagent le pays. Dans ce climat béliqueux, où la vie cotoîe la mort chaque jour, les militaires se sont retrouvés dans certains des préceptes du zen, comme le ji-riki 地力, qui préconise que l'Homme est seul maître de sa destinée. La méditation joue également un rôle important (rôle que l'on retrouve encore de nos jours dans les Arts martiaux), c'est en effet au travers elle, que l'on peut atteindre un état de vacuité mentale totale, un état de "non pensée" (mushin 無心). C'est cet état qui peut conduire un moine à l'illumination (satori 悟) ou un guerrier à la victoire. Cette notion de "vide" (terme qui n' a pas du tout le même sens qu'en occident, "vide" n'étant ici pas synonyme de "néant") va se traduire sur le plan du jardin, par une esthétique très dépouillée, simplifiée à l'extrême, aux limites de l'abstraction.

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