accueilarchtypes de jardins japonaisportofolio

Les cascades (taki 竜) pouvaient elles aussi être le "siège de divinité" (goshintai 御神体), c'est pourquoi on les retrouvera (tout comme les rochers, les étangs, les arbres vénerables, etc. ) parmi les éléments composants un jardin japonais.

 


Origines des jardins japonais.

Apports culturels extérieurs : influences religieuses.
Le Japon primitif a connu au cours des siècles, différentes vagues d’immigration venues du Continent, chacune d’elles apportant son lot d’idées nouvelles. Le fait est que ces apports culturels extérieurs ont fortement influencé les autochtones, qui les ont non seulement acceptés, mais qui plus est, complètement assimilés. La facilité avec laquelle ces “nouveautés” furent intégrées, résident dans le fait que certaines trouvèrent un écho dans la propre culture japonaise, à l’instar de l’Art des jardins comme nous allons le voir.

Les premiers jardins aménagés pour les puissants de la civilisation impériale naissante, ont très probablement été réalisés par des Coréens sur les modèles chinois durant la période Asuka (552-710) et se référaient à la symbolique bouddhique et taoïste, comme nous l'apprennent les plus anciennes sources historiques traditionnelles japonaises, à savoir les : Kojiki 古事記 et Nihon Shoki 日本書紀 (annales Nippones, publiées respectivement vers 712 et 720). On peut lire dans ce dernier, qu'au début du VIIe siècle, un artisan coréen (qui avait pris le nom de Michiko no Takumi ) bâtit dans la cour du palais de l'imperatrice Suiko (554-628) , une colline symbolisant le mont Sumeru (Shumisen 須弥山 en japonais), axe du monde selon la tradition bouddhique.

Ainsi, ces jardins faisaient la part belle aux enrochements et aux étangs, les utilisant pour recréer sous une forme réduite, des lieux mytiques ou divins comme nous venons de le voir, mais aussi des lieux naturels singuliers du continent. L'idée que "eau et roches" puissent symboliser "océans et montagnes" fut sans doute naturellement acceptée, puisque le mot japonais pour "paysage" (sansui 山水) se compose de 2 idéogrammes voulant dire respéctivement "montagne" et "eau". Les japonais ont sans doute trouvé dans ces aménagements, un écho avec leur propre Iwakura 岩座 (pierres sacrées), Kami ike 神池 (étangs sacrés) et autres goshintai 御神体, éléments naturels (arbres, chutes d'eau, rochers, etc.), qui selon la croyance Shintô, abritent les demeures de kami , (divinités ou esprits). Dès lors, la création de jardins sucista des vocations : ainsi le ministre Soga no Umako (551?-626), contemporain de l'impératrice Suiko et un peu plus tard, le poète Otomo no Tabito (662-731) dirigèrent sans doute eux même l'aménagement de leur propre jardin, constituant ainsi le germe d'un Art du jardin qui allait devenir durant les siècles suivants, proprement japonais.

Durant la période Nara (710-794), la création d'étangs comportant un ou plusieurs îlots se systématisme. A tel point que le mot "île" (shima ) devient synonyme de jardin. Des fouilles archéologiques ont misent à jour dans la ville de Nara, des restes d'un ancien jardin ( le Tô-in teien 東院庭園) qui a été depuis re-créé, mettant en évidence l'importance de l'eau dans les jardins de cette époque. Les aristocrates japonais vont commencer peu à peu à se détacher des modèles chinois : plutôt que de les reproduire scrupuleusement, ils choisissent de représenter les lieux mytiques au travers l'évoquation de leurs propres paysages, avec une prédilection pour les évoquations maritimes (ce qui semble normal pour un peuple insulaire). Cette idée constitue une véritable scission en matière de conception de jardin, et deviendra encore plus importante, une fois les relations avec la Chine interrompues à partir de 894 durant la période Heian (794-1185). A partir de cette époque les jardins seront pensés, dessinés et réalisés par des japonais ; et même s'ils continuent d'intégrer les thèmes religieux "classiques" chinois, la manière de les traiter, va devenir peu à peu toute japonaise.



 
à propos de fujijardins | nous contacter